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    La part sauvage du monde.

    Bison bonasus – Bison d’Europe dans la forêt de Białowieża, en Pologne.

    « Notre pari, c’est que pour reconnaître et respecter la part sauvage du monde, y compris dans ses manifestations les plus quotidiennes, il faut l’envisager d’emblée dans sa plus grande altérité. Il faut imaginer les échos du cerf qui brame dans le soir tombant sur les bois de la forêt de Bialowieza, les nuées de grues cendrées remontant vers le nord, le vol d’un aigle royal au-dessus du massif des Écrins. Il faut avoir vu cela, ne serait-ce qu’en pensée, ne serait-ce qu’en rêve, pour ne pas se laisser convaincre par ceux qui assurent que la nature est morte et que le mieux qu’il nous reste à faire, pour nous et pour la planète, serait de jardiner intelligemment un monde devenu totalement nôtre. »

    Virginie Maris : La Part sauvage du monde ; Seuil, 2018

  • Extrait

    Cet indicible ailleurs…

    « Lorsque nous nous immergeons dans un lieu qui nous submerge dans ce sentiment indéfini d’ailleurs, un trouble nous envahit au point que survient cette question : de quel côté de notre vie réside le rêve et de quel côté le réel trouve-t-il vraiment existence ?

    Libre à nous de penser que le réel s’impose d’abord dans toutes nos obligations journalières auxquelles notre société nous soumet artificiellement et que notre plongée dans l’état primaire d’une nature est un rêve que nous ne parviendrons pas à maintenir dès le retour dans notre quotidien professionnel, urbain, et familial ; ou bien, libre à nous de penser que la civilisation dont nous nous sommes si temporairement extirpés, n’est qu’un rêve collectif fermé sur lui-même, en dérive autiste à l’égard du monde, et que oui ! Le Réel est bien dans cette poétique de l’insaisissable que nous respirons à la première effluve sauvage d’un paysage étranger à l’humain.

    Libre à nous ! 

    Malheureusement avec cette liberté nous n’avons eu de cesse de surévaluer le réel de nos préoccupations quotidiennes, et par voie de conséquence, de dévaluer ce qui peut nous relier à un réel bien plus fondamental ; un réel notamment perceptible dans cet indicible ailleurs qui survit en quelques dernières contrées sauvages, qui sanctuarisent encore en elles toute l’essence première du monde ; une essence depuis si longtemps dérobée de nos vies ! »

    Bernard Boisson : Nature primordiale ; Apogée, 2008

  • CITATION

    Un monde véritable.

    « Nos pieds veulent marcher dans l’herbe fraiche. Nos jambes veulent courir après les cerfs et serrer le ventre des chevaux ; battre l’eau derrière nous pendant que nous écarterons le courant avec nos bras.

    Par tout notre corps nous avons faim d’un monde véritable. »

    JEAN GIONO
    Rondeur des Jours
  • CITATION

    J’ai l’infini à ma portée…

    « J’ai l’infini à ma portée, je le vois, je le sens, je le touche, je m’en nourris et je sais que je ne pourrai jamais l’épuiser. Et je comprends mon irrépressible révolte lorsque je vois supprimer la nature : on me tue mon infini. »

    ROBERT HAINARD
    Et la nature ?
    1943